Mar 31, 2013

Version révisée de ma recherche sur le placenta!!

Bonjour! Ces jours-ci j'ai retapé ma recherche sur le placenta, intitulée Le placenta: plusqu'un organe, que j'avais réalisée dans le cadre de ma formation d'accompagnante à la naissance l'an dernier. Depuis, j'ai appris des nouvelles choses, et j'ai décidé de bonifier ma recherche de nouvelles information, et de retaper mes textes un petit peu. L'an dernier, j'ai publié une bonne partie de la recherche sur ce blog, vous pouvez trouver le billets dans la catégorie placenta de ce blog. Pour ceux et celles qui seraient intéressé(e)s à lire la version révisée, vous pouvez laisser un commentaire à la fin de ce billet avec votre adresse courriel, ou m'envoyer un e-mail pour que je vous envoie le PDF.

Je ne demande rien en retour, mais si vous voulez contribuer, je vous suggère d'aller faire un don à la fondation Bumi Sehat. Il s'agit d'une clinique à Bali, fondée par la sage-femme Robin Lim, qui offre un service sage-femme de qualité gratuit à toutes les femmes qui viennent cogner à leur porte, peu importe leur statut social. Sur le site de la fondation, vous pouvez aussi acheter le livre ''Placenta, the forgotten chakra''. C'est le livre qui m'a ouvert les yeux sur le fabuleux monde du placenta, et, si vous lisez l'anglais, je vous le conseille fortement.

Empreinte de placenta
 Des nouveaux billets s'en viennent! Je travaille entre autres sur un tutoriel sur comment faire un porte bébé asiatique!

À bientôt!


Mar 18, 2013

L'échographie: est-elle vraiment aussi sûre qu'on le croit?

L'échographie, une technologie maintenant très bien implantée dans le monde de l'obstétrique, permet de produire une image du bébé grâce à des ultrasons. Elle permet de détecter des malformations, d'estimer approximativement la grosseur du bébé, de connaître le sexe d'avance, et de déceler une grossesse géméllaire. Aujourd'hui, en occident cette procédure est offerte à toutes les femmes enceintes, et à plusieurs reprises durant la grossesse, et ce même si le bébé est en parfaite santé. Mais son usage abusif est-t-il réellement sans risque? Dans quels cas cette procédure devient-t-elle nécessaire et dans quels cas serait-t-elle à éviter? Réflexion sur une intervention qui n'est peut-être pas si banale que ça...

L'échographie utilise une technologie d'imagerie à résonnance sonore. Cela signifie que l'appareil envoie des vagues d'ultrasons (sont très aigus qu'on ne peut pas percevoir), qui rebondissent sur le foetus. L'appareil capte les réverbérations et peut ainsi créer une image du bébé ainsi que de ses organes.

Il y a des bons côtés à avoir ce type de technologie. L'échographie permet de diagnostiquer ou de confirmer plusieurs choses en cas de doute. Elle permet de confirmer la grossesse si il y a un doute, de déceler une grossesse ectopique (grossesse ou le foetus s'est implanté à l'extérieur de l'utérus) ou un placenta praevia, de déterminer si il u a plus qu'un bébé, d'évaluer la quantité de liquide amniotique et de voir si le bébé se développe bien et si il y a présence de malformations. Cela permet aux parents d'agir ou de se préparer en conséquence, selon la situation. Le fait de savoir si un bébé a des malformations congénitales qui mettent sa vie en danger d'avance permet aussi à l'équipe médicale de se préparer pour agir rapidement à la naissance si nécessaire.  Certains parents veulent connaître le sexe de leur bébé d'avance, et le fait de voir le foetus permet souvent aux pères de mieux comprendre le processus et concrétise la grossesse à leurs yeux. Le bébé n'est alors plus un concept que le père ne peut ni voir ni sentir, il est bel et bien là, il existe et il prend forme.

Par contre, il est intéressant de constater que comme cette technologie est encore relativement récente, il est vraiment difficile d'estimer l'impact réel des échographies de routine sur les bébés. Les scans routiniers en milieu hospitaliers utilisent des fréquences entre 3 et 10 megahertz, et ce jusqu'à 60 minutes durant. Au départ on croyait que les rayons soniques n'avaient aucun effet sur les cellules, mais certains scientifiques auraient maintenant des raisons de questionner cette affirmation.

Les vagues d'ultrasons peuvent affecter les tissus vivants de plusieurs façons. En premier lieu, le rayon sonar chauffe la partie visée d'environ 1˚C, ce qui est considéré sans effet nocif de façon générale pour un adulte. La deuxième réaction fait vibrer puis s'affaisser les pochettes de gaz qui existent dans les tissus des mammifères. Plusieurs études ont pu déterminer que ces réaction peuvent avoir des effets nocifs sur les tissus. La première étude a pu démontrer que des cellules produites en laboratoire exposées à des rayons ultrasons pouvaient développer des anomalies, qui persistaient sur plusieurs générations de cellules. Une autre étude, cette fois sur des ratons nouveaux-nés (que l'on peut comparer, du point de vue du développement cérébral, à un foetus d'environ quatre à cinq mois) a démontré que les rayons soniques peuvent endommager la myéline qui recouvre les nerfs, démontrant ainsi que cette technologie pourrait être dangereuse pour le système nerveux.  Une autre étude en 1999 par Brennan and collegues, rapportée dans le New Scientist, démontrait que l'exposition de souris à des dosages normaux d'ultrasons causait une réduction de 22% dans le rythme de division cellulaire, et doublait le ratio de mort cellulaire parmi les cellules du petit intestin. Une autre étude publiée dans le Medical News Today a démontré que l'exposition fréquente et prolongée de souris enceintes aux ultrasons causait des anomalies cérébrales aux foetus de souris.
On peut se poser la question suivante: même si chez un adulte les changements peuvent être considérés banals et sans risque, le sont-t-ils pour des embryons, ou des foetus de quelques semaines? Quels effets peuvent-t-ils avoir sur le développement du cerveau? Nous n'en savons toujours rien.

Certains scientifiques se questionnent aussi sur un possible lien de causalité entre l'utilisation généralisée et abusive de l'échographie et la hausse phénoménale de cas d'enfants atteints d'autisme. Par contre, ce n'est pour l'instant qu'une théorie, aucune conclusion à ce jour n'a pu le prouver. Bien qu'on ait découvert que les ultrasons causaient des anomalies cérébrales chez les foetus de souris, les scientifiques en question n'on pas été en mesure de déterminer si ces anomalies affectaient le comportement de celles-ci ou non.

Des études variées sur des humains exposés aux ultrasons ont soupçonné des effets secondaires possibles tels que l'ovulation prématurée, des accouchements prématurés et/ou des fausses-couches, des petits poids à la naissance, des enfants en moins bon état à la naissance, la dyslexie, des délais par rapport à l'apprentissage de la parole, et moins d'enfants droitiers. Une étude Australienne a aussi démontré que les bébés exposés à plus de cinq échographies étaient plus à risque de développer un retard de croissance intra-utérin. Mais malgré toutes ces ébauches d'études, nous n'avons aucune idée des risques réels à long terme de cette technologie.

D'un côté plus concret, même si on utilise cette technologie depuis maintenant plus de vingt ans, les résultats ne sont toujours pas aussi précis qu'on le pense. Il est encore possible de se tromper sur l'âge gestationnel du bébé (donc sur la DPA), et les estimations de poids, surtout en fin de grossesse ont une énorme marge d'erreur (parfois jusqu'à 5 livres de différence avec le poids réel). Les erreurs sur le sexe du bébé, et parfois même sur le nombre de bébés sont aussi possibles. Dans certains cas, il est possible de déceler des malformations qui n'en sont pas, et se rendre compte à la naissance que le bébé est complètement normal. Dans d'autres cas, il est possible de ne rien déceler même si une anomalie est présente. Une recherche menée en 1999 et portant sut plus de 25000 femmes a montré que dans les grands centres hospitaliers, on ne décelait que 76% des anomalies majeures chez les bébés, et que ce ration n'était que de 36% dans les petits centres. Aujourd'hui, la technologie a évolué et les images sont un peu plus précises, mais ces erreurs sont encore très fréquentes. Ces imprécisions peuvent aussi être une cause de stress pour les parents, par exemple dans des cas où une anomalie est soupçonnée pour finalement, le temps de bien stresser en attendant le prochain test, se rendre compte que tout est normal.

Avez-vous déjà entendu parler d'échographie 3D? Il s'agit d'une technique d'échographie qui permet de créer une image 3D assez réaliste du foetus. Pour y arriver, il faut utiliser des ultrasons sur une très longue durée afin d'arriver à accumuler assez de données pour créer l'image, ce qui accroît l'exposition du foetus aux ondes soniques et à ses risques potentiels. Il n'y a aucune raison médicale d'utiliser cette technologie, elle n'a été crée que pour le plaisir de voir le bébé en trois dimensions avant sa naissance. De plus, les techniciens d'échographies 3D et 4D (avec le son en plus) ne sont pas tenus de faire part de préoccupations au sujet du bébé si jamais ils observent une anomalie quelconque! Il est aussi possible d'obtenir un petit film du bébé en mouvement de cette façon.

Ensuite il est intéressant de pointer que l'échographie ne s'applique pas seulement à l'imagerie, mais que d'autres technologies utilisées en obstétrique entrent dans la même catégorie. Il s'agit du doppler et du moniteur foetal. Ces deux machines, l'une portative (doppler) et l'autre fixe (moniteur), permettent d'écouter le coeur du bébé en utilisant le même principe d'ondes soniques, mais dans ce cas ce ne sont pas des vagues mais des ondes continues pour produire un son amplifié du coeur foetal et ainsi calculer son rythme cardiaque. Malgré le fait qu'aucune image ne soit produite, il est très étonnant d'apprendre qu'une minute de doppler équivaut à 35 minutes d'échographie en temps réel (échographie à image). Ceci est une variable à prendre en compte si un choix entre une échographie en temps réel et une écoute au doppler est nécessaire pour déterminer la viabilité d'un bébé en début de grossesse. Par contre la SOGC semble dire le contraire et affirme que les risques sont moindres par rapport à l'imagerie.  Le doppler est un outil utile dans les cas où le coeur est difficile à trouver. Mais mon conseil serait de demander à la sage-femme ou au médecin d'essayer d'écouter le coeur avec un foetoscope mécanique en premier lieu, et de ne garder le doppler que pour les cas où il n'arrive vraiment pas à l'entendre.

Que faut-t-il conclure de tout cela? À mon avis, la meilleure idée serait de peser le pour et le contre dans chaque situation et la décision revient aux parents de choisir si oui ou non ils veulent passer une échographie. C'est une technologie relativement nouvelle, et qui permet dans certains cas de sauver des vies, mais il n'est peut-être pas nécessaire de l'utiliser autant qu'on le fait.

Une idée serait d'essayer de reporter l'échographie, si elle s'impose et n'est pas urgente, le plus tard possible dans la grossesse. Écoutez votre intuition, si vous sentez que tout va bien, c'est probablement le cas. Si vous avec un doute, ou un malaise, peut être qu'un examen s'avèrerait nécessaire. L'idée est de penser à ce que l'échographie vous apporterait avant de faire un choix. Si votre sage-femme ou votre médecin veut vous en faire passer une, demandez-lui de vous expliquer pourquoi, et vous pourrez décider de le passer ou non selon la raison.
Pour ce qui est de la concrétisation de la grossesse, et du lien d'attachement, surtout avec le papa, pensez à essayer l'haptonomie. Cette pratique aide les deux parents à rentrer en contact et en interaction avec le bébé, grâce au toucher et sans imagerie.

Finalement, je vous suggère d'aller explorer les sources citées ci-dessous pour vous aider à alimenter vos réflexions. Je vous conseille fortement le livre d'Isabelle Brabant, Une Naissance Heureuse, qui comporte une bonne section sur l'échographie et fait bien le tour de la question.

À la prochaine!


Sources:
BRABANT, Isabelle, Une naissance heureuse, Fides, 2013, Montréal, 576 pages.
CYMBALIST, Rivka, The Birth Conspiracy, Curioso Books, Canada, 2011, 280 pages.
FRYE, Anne, Understanding Lab Work in the Childbearing Year, Labrys Press, 1990, 562 pages.
GASKIN, Ina May, Le guide de l'accouchement naturel, 2012, 496 pages.
GASKIN, Ina May, Birth Matters, Seven Stories, 2011, 250 pages.
LIM, Robin, Eat Pray Doula, Half Angel Press, Bali, 2012, 174 pages
http://medicalnewstoday.com/releases/49000.php
http://www.sarahbuckley.com/ultrasound-scans-cause-for-concern/
http://www.alternamoms.com/ultrasound.html
http://welladjustedbabies.com/concerns-about-ultrasound/
http://chriskresser.com/natural-childbirth-iib-ultrasound-not-as-safe-as-commonly-thought
http://bestyoucanbe.blogspot.ca/2006/08/ultrasound-neuronal-migration-and.html


http://www.sudouest.fr/images/2010/12/26/276191_15255127.jpg ( image)
http://imageriemedicale-tpe.e-monsite.com/medias/album/dyn003-original-560-384-pjpeg-8289d37f057923ccd6feabc12c971761.jpg ( image)
http://tovamed-ancien.encours.fr/images/SRF618E.jpg (image)

Mar 14, 2013

Une semaine de belles rencontres

Bonjour!
Je viens de revenir d'une virée au Tennessee, plus précisément à ''The Farm'', lieu de vie et de travail de la sage-femme et auteure Ina May Gaskin et sa fabuleuse équipe, où j'ai assisté à une formation d'assistante sage-femme de 6 jours. D'où l'absence de billets ces derniers temps. Les billets reviendront bientôt de façon régulière, je travaille d'ailleurs actuellement sur un billet à propos des échographies, qui sera publié d'ici quelques jours.

Cette formation à ''The Farm'' consistait à apprendre le rôle et les bases nécessaire pour pouvoir assister une sage-femme dans son travail. Dans mon cas, je n'ai pas l'intention de devenir sage-femme (peut être dans un futur lointain, mais pas pour l'instant), mais je considérait cette formation une belle étape, et un plus, dans mon cheminement de Doula. J'y ai appris toutes sorte de nouvelles choses à travers les cours de manipulations et de théorie, et ça m'a permis de comprendre encore mieux ce merveilleux processus qu'est de donner la vie. La partie la plus intéressante et enrichissante était d'écouter les sages-femmes de The Farm, qui pratiquent leur art depuis près de 40 ans, partager leurs connaissances, et leurs expériences avec nous.

Ce fut une semaine intense, pleine de nouveaux acquis, et entourée de cette belle énergie féminine. Nous étions 15 femmes, doulas, apprenties et futures sages-femmes à partager cette expérience, et je recommencerait l'expérience n'importe quand. MERCI à Ina May Gaskin, Pamela Hunt, Deborah Flowers et Joanne Santana de partager ainsi avec nous leur savoir et leur sagesse. Ce fut une semaine inoubliable.

Voici le lien vers leur site si vous voulez en savoir plus sur cet atelier/formation: http://midwiferyworkshops.org/midwifery_assistant.html

Et voici quelques photos de la formation, ainsi que des sages-femmes qui nous enseignaient:



Deborah Flowers

Joanne Santana et ''Fanny'', un mannequin d'apprentissage. 

Comment succionner un bébé... Je n'aurai probablement pas l'occasion de le faire en vrai sur des nouveaux-nés comme ça, étant une doula, mais c'était bien intéressant d'apprendre comment se font plein de manipulations et d'examens!

Avec Joanne Santana

Ina May Gaskin

Pamela Hunt


Et BONUS, deux jours après mon retour, une sage-femme que j'admire énormément, Ibu Robin Lim, est venue à Montréal pour quelques jours, et j'ai eu la chance de la rencontrer lors d'un atelier pour les doulas, ou ''birth keepers'', comme elle dit...
Avec Ibu Robin Lim

Que de belles rencontres qui m'ont toutes marquée à leur façon. Je suis maintenant d'attaque pour continuer mon travail de doula, et j'ai tout plein de projets en branle (j'expliquerai en temps et lieu). J'espère avoir ramené un tout petit peu de leur sagesse et de leur succès avec moi!

À la prochaine!