Jun 29, 2012

Éloge à la naissance consciente, assise d'une humanité aimante

Je laisse la parole aujourd'hui à ma propre mère, qui est thérapeute en énergie, et qui a décidé de consacrer sa pratique à l'aide à la guérison des traumatismes de naissance. Elle a écrit un magnifique texte qui explique l'importance de la naissance consciente, l'impact que peut avoir une naissance traumatique, et des moyens pour prévenir ou guérir ces traumatismes.

 «Nos premiers instants de vie, de la conception à notre naissance, portent les germes de notre individualité, de la qualité de la relation que nous développerons avec nous-mêmes et le monde extérieur.

Avez-vous été désiré, attendu, espéré et accueilli dans un environnement aimant, rassurant, protecteur ?

Comment avez-vous traversé ce passage décisif, ce moment sacré de votre naissance ? En avez-vous le souvenir ou en tête le récit de votre mère?

La plupart des naissances se déroulent de façon traumatique….et ces empreintes de naissance modèlent de façon prépondérante nos comportements futurs. 

Les enfants naissent en grande majorité  dans un environnement insensible à l’importance cruciale de ce passage entre deux mondes. 

En milieu hospitalier, l’emphase est mise sur l’application de protocoles conçus pour faciliter l’intervention des médecins et pallier rapidement aux cas d’exception, aux naissances problématiques. L’évolution de la médecine  devrait théoriquement améliorer la qualité des accouchements et atténuer les difficultés pouvant être rencontrées et par conséquent diminuer les traumatismes de naissance. Or, nous observons plutôt l’inverse. L’interventionnisme médical accroît les problèmes vécus à l’accouchement

Par ignorance, nous bousculons les nouveaux-nés que ce soit par l’induction pour accélérer le travail, le recours banalisée à la césarienne comme mode d’accouchement et non plus comme opération d’urgence, ou tout simplement par une ingérence et un envahissement du lieu de l’accouchement au détriment de l’intimité de la parturiente et de son enfant à naître.

Au lieu d’être protégé, le  nouveau-né est violenté. Et c’est ainsi qu’il fait son entrée dans sa nouvelle vie.

Cette incompréhension de l’importance d’une naissance harmonieuse pour le bien-être immédiat et futur du nourrisson a pour conséquence directe que les bébés arrivent en ce monde en mode défensif.

Curieusement, la science a longtemps perçu le nourrisson comme un être au départ insensible. D’où les agressions physiques  dont il est victime sans anesthésie, comme les ponctions sanguines brutales ou pire encore, comme la circoncision des bébés garçon pratiquée de façon machinale, à froid, sans se soucier des cris de douleur et de détresse de l’enfant.  Il en résulte que la première empreinte de l’enfant à l’égard de ses organes génitaux, et par extension de sa sexualité,  en est une de douleur…et de violence… !  Les séquelles s’inscrivent dans son corps physique, émotionnel et dans les autres dimensions de son être.

Or, le nouveau-né est d’une extrême sensibilité, absorbant comme une éponge les émotions, les sensations, les énergies environnantes. Tout son être, en totale ouverture,  les sens aiguisés, capte et assimile  les vibrations émises autour de lui. Contrairement aux croyances populaires,  le nouveau-né s’avère totalement perméable à son environnement.

Comment réagit l’humain face à l’adversité,  à la brutalité ? Il lève ses boucliers.  Ainsi, le nouveau-né  déclenche ses mécanismes de protection contre l’environnement hostile où il vient d’entrer.

Et le premier réflexe de protection de l’enfant est de refermer  sa zone la plus sensible, celle qui reçoit et émet les plus hautes vibrations: le cœur…. L’enfant tire un premier voile sur son essence véritable, afin de protéger son extrême vulnérabilité et éviter de plus amples écorchures.

C’est ainsi que se dressent nos premiers murs intérieurs, cette séparation avec notre moi véritable.  C‘est ainsi  que nous commençons à nous morceler et à distiller en nous ce sentiment de distance que nous chercherons à combler pendant toute notre vie.

Car ce lien si précieux avec notre moi véritable nous ramène à la Source, au lien avec un monde plus élargi que nous pouvons appeler spirituel, divin ou simplement énergétique. Ce lien donne sens à notre existence sur terre, nous rassure, nous aiguillonne et nous insuffle l’élan le plus précieux : l’amour de soi; la confiance en notre capacité à être les maître d’œuvre de notre vie, sans se nourrir de liens d’interdépendance, mais en évoluant dans l’interrelation, la collaboration et le respect de soi et de l’autre.  

Or, l’autonomie, la prise en charge de notre individualité, s’avère  essentielle pour ouvrir la voie à un monde axé sur la paix et la solidarité. Notre force est d’abord intérieure, et chacun doit la trouver au fond de lui-même, dans sa propre estime personnelle.

Nos premiers moments de vie sont vécus comme des écorchures, alors que nous devrions accueillir avec le plus grand respect chaque nouvelle âme qui s’incarne.

L’accouchement n’est pas un acte médical, mais un moment de grâce.  Un moment qu’il faut célébrer avec compassion et amour en prodiguant des soins attentifs, et surtout en n’interférant pas dans les premiers contacts entre la mère et l’enfant. Le premier regard rassurant, le contact peau à peau pour réchauffer et sécuriser le nouveau né ; cette première rencontre où se prolonge l’intimité intra-utérine est infiniment précieuse. Rien ne devrait la perturber.

 Lors de l’accouchement la mère et l’enfant sécrètent une hormone fabuleuse, l’ocytocine appelée l’hormone de l’amour. Cette hormone facilite et stimule le lien d’attachement entre la mère et son poupon. L’ingérence médicale par l’imposition de protocoles hospitaliers, telle que l’injection routinière d’hormones de synthèse comme le pitocin, ou encore l’augmentation ahurissante de césariennes, prive la mère de cette puissante hormone naturelle. On saccage ainsi un moment d’interconnexion sacré entre mère et enfant, on vole à l’enfant cette poussée d’amour qui le sécurise, garde le continuum avec le confort rassurant du corps de sa mère et lui permet d’entrer dans cette vie avec assurance et confiance en son entourage.

Ultimement ce sont les compagnies d’assurance qui encadrent les protocoles hospitaliers  et incidemment, dictent la façon de naître !  L’intérêt des assureurs est strictement financier et repose sur une logique mathématique de gestion des risques. Leur seul objectif est de réduire au maximum les risques de poursuite judiciaire par un encadrement rigoureux des pratiques admises. Cette perspective débouche sur un hyper contrôle médical où l’accouchement est géré comme un risque médical potentiel au détriment des besoins véritables d’une naissance naturelle et harmonieuse, syntonisée sur le rythme et le respect de la mère et de l’enfant.

Dans un tel contexte,  la mère se trouve dépossédée de son corps, niée dans sa propre capacité d’enfanter, dans son intégrité et de son pouvoir de femme.  Donner naissance est une expérience initiatique qui confère à la maman une extraordinaire puissance et une confiance décuplée en sa féminité et son rôle de mère.

De son côté, l’enfant se trouve privé d’une naissance aimante et consciente prélude à une vie où l’essence même de son équilibre affectif, la capacité de s’aimer et d’être aimé, est altérée.

«Entre deux mondes«, photo prise par Tara Garner


Expérience personnelle et thérapeutique
  
Voilà plus d’une décennie que j’ai entrepris un travail de reconstruction personnelle. À l’aube de la quarantaine, j’ai sombré dans une sévère dépression doublée d’un burn out. Profondément secouée, j’ai choisi de refuser toute médication et de plonger au fond de ma souffrance pour en trouver les origines. Cette démarche, cette volonté de me guérir et de me retrouver m’a entrainé vers des découvertes fascinantes et le développement d’habiletés extra-sensorielles dont je ne me croyais pas dépositaire.

Pendant des années, j’ai épuré, couche après couche, comme on pelle un oignon, la charge émotive relié aux différents aspects de ma personnalité. Mon intention était de me purger de tous les encombrants, de tous les conditionnements, paradigmes, valeurs sociales culturelles ou religieuses ingérés depuis ma petite enfance. Je cherchais à faire émerger ma véritable identité derrière les apparences.

Ce  grand nettoyage, entrepris de façon méticuleuse et introspective, m’a permis de me libérer morceau par morceau de mes mécanismes de protection. J’ai développé une forte capacité à remonter jusqu’à à l’origine de mes émotions, à toucher aux traumatismes initiaux. 

Après de nombreuses années de nettoyage intensif, d’épuration quasi quotidienne, j’ai touché un noyau.  Une part importante  de mes failles émotives relevait des circonstances de ma naissance.  Ayant cette habileté à retourner dans le passé, j’ai été en mesure de ressentir les émotions perçues lors de ma vie intra-utérine.  J’ai compris que les empreintes de naissance s’inscrivent dès notre conception et lors de la gestation.  L’enfant  à naître vit en osmose totale avec sa mère, les émotions vécues, les insécurités, les traumatismes sont directement transmis au fœtus. Il n’y a pas de frontière la communication est directe, la communion absolue.

J’ai vécu une arrivée sur cette terre difficile. Je sais maintenant que j’étais une enfant non désirée. Ma mère aurait souhaité mourir pendant la grossesse et l’accouchement et m’amener avec elle dans son trépas, pour fuir sa détresse. Nous avons survécues. Pendant ce temps, mon père cuvait son mal-être au bar de l’hôtel tout à côté de l’hôpital.  J’ai pansé les blessures et les empreintes traumatiques de ma naissance, j’ai compris comment j’avais, dès ma gestation, développé mes mécanismes de défense et comment cette situation de désespérance, d’abandon et de rejet avait miné ma propre capacité à aimer. À m’aimer d’abord et à être aimée.  J’avais refermé mon cœur par pur reflexe de survie affective.

Comme thérapeute, lors de soins énergétiques  prodigués à mes patients, j’ai à nouveau constaté à quel point les empreintes de naissances ont un impact prépondérant sur l’équilibre affectif des gens.  J’aide constamment les patients à pacifier, à nettoyer les séquelles de ces moments traumatiques.

Comme mère, j’ai eu l’occasion de vivre deux accouchements fort différents. Un accouchement fortement médicalisé à l’hôpital et un accouchement naturel dans un centre de naissance, sans ingérence du personnel infirmier.  Même si mes enfants ont tous deux été profondément désirées et aimées, l’impact d’une naissance  bousculée, non respectée, a laissé des séquelles sur la relation avec ma fille aînée, sur notre lien d’attachement, sur sa propre solidité émotive et ses interrelations avec autrui. Le lien de confiance avait été rompu et ses mécanismes de protection mis en branle, il nous a fallu réparer cette cassure vécue à sa naissance.

Ces expériences sont prépondérantes pour moi, je les ai vécu dans mon cœur, dans ma chair et dans mes explorations énergétiques.  Je suis en mesure d’apprécier dans tout l’équilibre de mon être l’effet libérateur d’un nettoyage des empreintes de naissance. Ma vie en est transformée. Je comprends de toutes les fibres de mon être l’importance cruciale d’informer les futurs parents des incidences d’une naissance traumatique et de protéger les enfants à naître.

Pour augmenter la conscience de l’humanité, pour créer un monde de paix nous devrions commencer par le tout début, par un accueil aimant et harmonieux de nos enfants à naître, par un changement profond de notre façon de les recevoir, de les reconnaître, pour leur permettre d’amorcer une nouvelle incarnation gorgés de l’extraordinaire  pouvoir de l’amour, de l’amour de soi, tout simplement.»



Madeleine Vallée, thérapeute en énergie spécialisée dans les traumatismes de naissance (et aussi ma maman). Si vous êtes intéressés par une consultation, ou si vous voulez simplement en savoir plus, vous pouvez la contacter au 514-585-2360, ou sur son adresse courriel

À la prochaine!


Jun 22, 2012

Les avantages de l'allaitement pour la maman

Lorsqu'il est question d'allaitement, on fait souvent la liste des bénéfices pour le bébé, mais qu'en est-t-il de la mère? Il n'est pas rare d'entendre dire qu'allaiter est difficile, que ça fait mal, que c'est contraignant, etc. Pourtant, l'allaitement a plein de bons côtés pour la maman aussi.

Premièrement, je tiens à dire que l'allaitement  n'est pas supposé faire mal. Si le bébé prend le sein comme il le faut, ça ne devrait pas être douloureux. Il y a parfois aussi d'autres raison que la prise du sein qui peuvent causer des problèmes. Dans ce cas, il est conseillé d'avoir recours à une consultante en lactation pour trouver et régler le problème.

Ensuite, allaiter rend la vie plus simple aux mamans, surtout lorsqu'il est combiné au cododo. Qui a envie de se lever en pleine nuit pour se rendre à la cuisine, préparer et faire chauffer un biberon, le donner à un bébé en crise, puis rendormir le bébé ? En allaitant, on n'a qu'à prendre le bébé et le mettre au sein, et se rendormir ensemble sans avoir eu à se réveiller complètement. Les nuits sont donc plus faciles et plus longues pour maman et pour bébé.

Puis, le fait d'allaiter donne à la mère un plus grand sentiment de compétence face à son enfant, car le fait de devoir toujours être proche de son bébé lui permet d'être plus à l'écoute de son bébé et de répondre plus rapidement à ses besoins. Bébé est donc plus facile à vivre et maman se sent bien et compétente envers son enfant.

Au point de vue du lien d'attachement, celui-ci a tendance à se tisser plus rapidement et plus facilement en allaitant. Lors de l'allaitement, l'hormone ocytocine, est sécrétée. Cette hormone est aussi appelée hormone de l'amour, et elle contribue à la formation du lien d'attachement entre la mère et le bébé et contribue aussi à la diminution du stress et à un sentiment de bien-être chez la maman.


Allaiter permet aussi à la maman et son bébé de se créer une petite bulle d'amour à eux. Elle oblige aussi la mère à arrêter ses activités et à prendre un moment de calme et de relaxation avec son bébé. Lorsque bébé est nourri au biberon, c'est facile de demander à quelqu'un d'autre de prendre le relais pour pouvoir aller finir le lavage ou le ménage, ou quelconque autre tâche. L'allaitement oblige la mère à prendre un moment de pause pour se coller à son bébé et respirer un peu. Lors de rencontres de familles, de fêtes,  ou lorsqu'il y a de la visite, allaiter donne aussi une excuse à la maman pour se retirer avec son bébé et se reposer un peu.

Dans l'un de mes derniers billets, j'ai partagé la recherche de Élaine Labrecque qui parlait des bienfaits du peau à peau entre mère et enfant. Allaiter est un moment tout à fait propice pour réitérer ce moment intime avec son enfant.  Pourquoi ne pas lui retirer son petit pyjama et coller bébé bien au chaud contre sa peau, sous une petite couverture douce? Tout deux en retireront le plus grand bienfait. Bébé est une petite boule d'énergie qui peut recharger les batterie parfois à plat de la maman.

Et qu'en est-t-il du papa? L'une des raisons souvent proposée pour le choix du biberon est que le père, mis à l'écart par l'allaitement, pourrait bénéficier de cette bulle avec bébé en lui donnant le biberon. Pourtant, Papa peut aisément créer un autre moment d'échange et de rapprochement avec bébé, par le massage ou encore au moment bain en instaurant un petit rituel juste pour eux. 

Ensuite, plusieurs études prouvent que l'allaitement diminue considérablement les risques de cancer chez la femme. Une étude faite sur 2221 femmes américaines ayant eu au moins un enfant a démontré que les femmes n'ayant jamais allaité avaient 22% plus de chances de développer un cancer ovarien, alors que les femmes ayant allaité au moins 18 mois avaient 44% moins de chances de développer ce type de cancer. Il est aussi prouvé que l'allaitement diminue considérablement le risque de développer un cancer du sein. Règle générale, plus l'allaitement est long, moins on a de risques de développer un cancer. Voir la liste de liens à la fin du billet pour en savoir plus et lire les études en question.

De plus, comme l'allaitement est assez demandant au point de vue calorique pour la mère, l'un de ses avantages est aussi d'aider à la maman à perdre le poids de grossesse et à retrouver sa ligne plus vite. Le retour des menstruations prend aussi en général beaucoup plus de temps à venir. Qui aime avoir ses règles? Pas moi en tout cas. Et lorsqu'on n'est pas menstruée, il n'y a pas d'ovulation, alors les risques de retomber enceinte rapidement et d'avoir des bébés très rapprochés sont fortement diminués. En général, si un bébé est allaité exclusivement pour ses premiers six mois de vie et que l'allaitement continue à la demande par la suite, la mère n'aura ses premières menstruations, en moyenne, que lorsque le bébé aura environ quatorze mois. Il est conseillé de faire attention tout de même, car ce moyen de contraception n'est pas le plus sûr, et ça arrive de temps en temps qu'une femme tombe enceinte même si elle allaite. Et comme l'ovulation vient avant les règles, on peut retomber enceinte avant de les avoir eues. Il est donc quand même conseillé d'user d'un autre moyen contraceptif si on ne veut vraiment pas tomber enceinte.

Il ne faut pas non plus oublier le côté économique de la chose. Donner du lait artificiel à son bébé peut coûter entre $1800 et 2600$ par année, sans compter l'achat des biberons, tétines et accessoires! Allaiter ne coûte absolument rien. De plus, lors de sorties, traîner le lait et les biberons, chercher de l'eau, puis un micro-ondes pour faire chauffer le lait ça devient pas mal compliqué. Lorsqu'on allaite, on n'a qu'à mettre bébé au sein et le tour est joué!

Pour conclure, je sais que mon point de vue est très pro-allaitement, et je tiens à mentionner que mon but ici n'est pas juger celles qui font le choix, ou qui sont obligées de nourrir leur bébé à la bouteille. Le but de ce billet était simplement de parler des avantage de l'allaitement pour la mère, car souvent on ne mentionne que les avantages pour le bébé. Je crois aussi que si dans la société actuelle on parlait plus des avantages de l'allaitement pour les mamans au lieu de propager des aspects négatifs comme la peur de la douleur ou d'être un ''garde-manger ambulant'', plus de femmes feraient le choix d'allaiter leur enfant.

Sources d'information et références:
http://www.mamaneprouvette.com/2012/05/lallaitement-et-les-cancers-ovariens.html
http://www.springerlink.com/content/218202qut306u65v/?MUD=MP (étude sur le lien entre l'allaitement et les cancers ovariens)
http://www.lllfrance.org/Etudes-sur-l-allaitement/Cancer-du-sein-et-allaitement-une-meta-analyse.html (Étude sur le lien entre l'allaitement et le cancer du sein)
http://www.sogc.org/guidelines/public/111F-CPG-Fevrier2002.pdf (Directives de la Société des Obstétriciens Gynécologues du Canada par rapport à la grossesse, l'allaitement et le cancer du sein)
http://www.networkedblogs.com/blog/smiling_like_sunshine (photo)
http://www.natural-parenting-advice.com/working-and-breastfeeding.html (photo)
Ina May's Guide to Breastfeeding, Ina May Gaskin, Bantam Books, 2009,  340 pages. 

Jun 20, 2012

Ça fait chaud au coeur...

Un petit billet tout court pour partager un petit mot reçu de ma première cliente en accompagnement. C'est un beau petit témoignage de son appréciation de mon travail d'accompagnante, et ça fait toujours chaud au coeur quand on reçoit une petite note d'appréciation comme ça!

Voici ce qu'elle dit: «Laurie est une accompagnante dévouée et enthousiaste. Elle sait être à l'écoute des nos besoins, répond à nos demandes et même plus ! Elle est informée et réussit à bien nous faire comprendre et sentir les enjeux de l'accouchement. L'accompagnement, pour nous, fut une aide complémentaire et précieuse. Sa présence à l'accouchement fut un des éléments qui nous a permis de vivre ce moment intense et magique à notre façon et selon nos désirs. Sensible et à l'écoute, Laurie est une accompagnante hors pair qui saura rendre de nombreuses familles heureuses et prêtes à l'aventure de la naissance !»

Photo publiée avec la permission de mes clients

En tout cas, ça me donne encore plus le goût de continuer dans cette belle voie qu'est l'accompagnement à la naissance!

Voilà pour aujourd'hui, je vous revient avec un nouveau billet bientôt!

À la prochaine!

Jun 11, 2012

Le peau à peau


Je vous présente quelques  extraits du travail de recherche de Élaine Labrecque, fait dans le cadre de la formation d’accompagnante à la naissance du Centre Pleine Lune. Elle y explique les avantages du peau à peau, méthode de plus en plus populaire, mais dont on ignore encore l’ampleur des bénéfices. Ce texte est aussi disponible sur le blog du Centre Pleine Lune.

Introduction

Quel plus beau moment que celui où on tient notre petit bébé tout neuf dans nos bras, collé contre notre corps. Ce moment où l’on rencontre notre enfant pour la première fois et où on apprend à le connaître. Selon moi, le meilleur moyen de bien profiter de ce moment est bien sur le peau à peau, aussi appelé la méthode kangourou.
Quand j’ai eu mon fils sur mon ventre tout de suite après sa naissance, j’ai ressenti tellement d’amour et de joie pour ce petit trésor, c’était incroyable comme sentiment. Ensuite je l’ai mis au sein tout naturellement sans vraiment savoir si c’était le bon moment ou non, je l’ai fait d’instinct, parce que je croyais que c’était la bonne façon de faire. Je me suis questionné plus tard a savoir pourquoi je m’étais senti ainsi et pourquoi j’avais agis ainsi. C’est en lisant sur le peau à peau que j’ai découvert tout les bienfaits de cette méthode que j’avais utilisé sans vraiment le savoir. J’ai continué à le pratiquer avec le portage pendant plusieurs mois et même encore aujourd’hui avec mon fils de 15 mois.

Qu'est-ce que le peau à peau?

Le peau à peau c’est l’action de placer le bébé nu, directement sur la peau de sa mère et/ou père sans que le bébé ne soit enveloppé d’une couverture. Il est recommandé de le pratiquer tout de suite après la naissance du bébé et ce pour une période de une à deux heures ou plus. On peut par la suite le pratiquer aussi souvent que voulu. Il peut être pratiqué par la mère, par le père, par un membre de la famille ou par tout autre personne significative dans la vie du bébé. S’il est impossible de le pratiquer tout de suite après la naissance, on peut tout de même le pratiquer plus tard.


Un peu d'Histoire

 C’est en 1978 dans une maternité de Bogota en Colombie que le peau à peau a vue le jour. Dans le service de néonatalogie, où le manque de moyens financiers, et donc de couveuses, est un problème quotidien, les soignants ont pris l’habitude de regrouper les petits prématurés, beaucoup trop nombreux. Mais le risque de transmissions infectieuses est grand. C’est alors que l’idée vient au Docteur Edgar Rey Sanabria de déshabiller les nouveau-nés et de les lover contre le torse nu de leurs parents. L’objectif ? Réchauffer ces bébés nés trop tôt, incapables de réguler seuls leur température, et dont la vie est en danger si l’hypothermie se prolonge. Le résultat est édifiant : de façon instantanée, un échange thermique se produit. Par ce corps-à-corps, l’enfant retrouve les 37 degrés dans lesquels il baignait dans le ventre maternel et surtout, sa température reste constante. C’est la naissance des unités kangourou

Bienvenue petit bébé

Le toucher est le sens qui arrive à maturation le premier. Dès la 7ème semaine dans le ventre de sa mère, le petit peut sentir le contact avec ce qui l’entoure. Le tout-petit a donc un besoin vital de contact, de toucher, de tout son corps, pour être en lien direct avec ce qui l’entoure. Le bébé a faim de toucher. Selon Ingrid van den Peereboom, la peau est de loin l’ensemble d’organes le plus important du corps. Un être humain peut vivre aveugle, sourd, et manquer totalement de goût et d’odorat, mais il ne saurait survivre un instant sans les fonctions assurées par la peau 

La pratique du peau a peau tout de suite après la naissance est recommandé par de nombreuses sociétés savantes. On dépose le bébé nu sur le ventre de sa mère (ou père) et on recouvre son dos d’une couverture. On peut laisser le bébé sur le ventre de sa mère pour faire la plupart des soins requis après la naissance, même en cas de césarienne, le bébé peut être laissé sur la poitrine de sa mère pendant que le médecin fait les points de sutures. On devrait laisser le bébé et la mère tranquille pour qu’ils puissent faire connaissance.  L’Organisation mondiale de la santé recommande le peau à peau comme moyen pour lutter contrer l’hypothermie, promouvoir l’allaitement maternel et favoriser les interactions précoces de la mère avec son enfant.

 Selon le Dr Jack Newman dans son livret sur l’importance du peau à peau, il faut comprendre que le petit humain, de même que les autres mammifères, a un habitat naturel ; le contact corporel avec sa mère et/ou son père. En enlevant le bébé de son habitat naturel, des signes physiologiques de stress sont notés. Un bébé qui n’est pas en contact immédiat avec sa mère ou son père enveloppé dans une couverture, sous une lampe chauffante ou dans une couveuse, peut devenir trop endormi ou trop léthargique. Il peut devenir complètement dissocié et pleurer de désespoir. Dans le contact peau à peau, il y a des échanges sensoriels qui vont stimuler et faire apparaître un comportement de bébé ; fouiller et chercher le sein, rester calme, respirer plus naturellement, garder une bonne température corporelle et maintenir un taux de glycémie adéquat. Les bébés ont besoin d’être porté et collé contre leur parent. C’est un besoin et non un caprice. Le petit humain a besoin du contact avec sa mère pour sa sécurité et pour son alimentation

Le peau à peau permet aussi une transition en douceur. « La naissance est une mort à un état pour pouvoir renaître à un autre état, explique Cécile Cortet-Pham. Pour le bébé, c’est le passage forcément brutal du milieu aquatique, dans lequel il vient de passer neuf mois et qui est le seul état qu’il ait connu jusqu’ici, au milieu aérien. En lui permettant de rester en contact avec des sensations connues, par le peau à peau, il est possible de le sécuriser, et de lui permettre ainsi de vivre le plus en douceur possible cette transition. » Difficile d’imaginer à quel point la naissance peut être bouleversante. Mais c’est sans conteste un passage d’un univers à un autre, au cours duquel le nouveau-né découvre pour la toute première fois des perceptions, des ressentis, absolument nouveaux : le froid et le chaud, la faim, le simple fait de respirer… Grâce au peau à peau, et plus encore si celui-ci est pratiqué par sa maman, la rupture est moins violente : son oreille collée contre sa poitrine, il retrouve les battements d’un cœur et le son assourdi d’une voix qui l’ont bercé pendant neuf mois. Avec sa bouche et son nez, il retrouve des goûts et des odeurs qui lui sont familiers. 

Des bénéfices médicaux avérés

Le contact peau à peau procure beaucoup d’effets positifs sur le bébé au niveau médical.

Premièrement, le fait d’être peau à peau contre sa maman stabilise la température du bébé. «La chaleur de la poitrine de la mère peut augmenter ou baisser d’un degré Celsius pour s’adapter à celle de l’enfant, dit la Dre Julie Choquet, médecin de famille au Québec. Le peau à peau peut aussi être pratiqué en cas de fièvre chez le bébé, en dehors du moment de naissance et si la fièvre n’est pas le signe d’une infection grave. En effet, si cette pratique permet de le réchauffer, elle peut également le refroidir. L’excédent de température est alors absorbé par l’adulte.
Ensuite, les recherches ont démontrés que le peau à peau améliore la respiration des nouveau-nés ainsi que leurs rythmes cardiaque et leur glycémie.
De plus, le bébé en peau à peau sera colonisé par les bactéries de sa mère et non pas par toutes les bactéries présentent dans les milieux hospitaliers. Ce phénomène aidera le bébé à bâtir son propre système immunitaire et certains chercheurs pensent que ça lui procurera, avec l’allaitement, une protection contre les allergies
Ensuite, il a été démontré que les bébés en peau à peau pleurent moins et souffrent moins lors des interventions comme les ponctions veineuses. La présence d’une personne réconfortante et la sensation physique du contact avec cette personne pourrait en partie expliquer ces phénomènes.

La naissance des premiers liens d’attachement

Au cours de la première heure et avant que la fatigue consécutive à l’accouchement ne l’assaille, la nouvelle maman, sous l’effet de l’adrénaline, est particulièrement réceptive à son bébé. Quant à lui, ses sens sont en éveil durant sa première heure de vie. C’est alors le moment idéal pour faire connaissance avec son bébé et pour le coller contre soi.
Le peau à peau déclenche également la production d’une hormone capitale : l’ocytocine, aussi appelée hormone de l’amour. C’est d’ailleurs l’hormone sécrétée lors des relations sexuelles et de l’orgasme. Lors du contact avec sa mère et/ou son père en peau à peau, il y a une sécrétion maximale d’ocytocine autant chez le bébé que chez les parents. On sait que cette hormone a le pouvoir étonnant de favoriser l’attachement. Donc on peut dire que le peau à peau favorise l’attachement. L’ocytocine vient donc renforcer de façon naturelle la magie de la naissance, de cette toute première rencontre entre les parents et leur bébé. Un moment d’échange intense, où le toucher joue un rôle essentiel dans la création des premiers liens.
Pour la maman et/ou le papa, tenir et porter souvent son enfant contre son corps lui permet d’apprendre plus vite à décoder ses besoins. Ça lui permet de partager du plaisir avec son enfant et lui procure le sentiment valorisant de vivre une belle expérience. 

L’allaitement

Du point de vue de l’allaitement, les bébés qu’on garde peau-à-peau avec leur mère immédiatement après la naissance durant au moins une heure sont plus aptes à prendre le sein sans aide et sont plus aptes à bien prendre le sein, particulièrement si la mère n’a reçu aucun médicament pendant le travail et la naissance.  Dans l’article Peau à Peau; un contact crucial pour le nouveau-né, on mentionne que le réflexe de succion est optimal au bout de quarante-cinq minutes environ après la naissance puis va décroissant pour s’interrompre dans les deux heures suivantes
Nous avons parlé plus tôt de l’ocytocine, cette fameuse hormone de l’attachement. En fait, cette hormone provoque aussi une augmentation de la température du sein. Grâce a cette différence de température, le nouveau-né peut repérer plus facilement le sein.

Il semblerait aussi que les bébés humains, reconnaissent l’odeur de leur mère. Les odeurs naturelles émanant du mamelon/aréole aident à guider le nouveau-né vers le mamelon. Dans la première heure après une naissance vaginale, il y aurait une augmentation de la noradrénaline qui joue un rôle dans l’apprentissage olfactif. Le bébé serait donc prêt physiologiquement à apprendre l’odeur du lait de sa mère, à condition bien sur d’être collé sur celle-ci. L’odeur du lait de maman aurait aussi un effet calmant sur le  bébé.

Une prise de conscience

Enfin le peau à peau va aussi permettre au bébé, pour la toute première fois, de prendre conscience de son propre corps. Il est soudainement libre de se mouvoir librement, lui qui, ces dernières semaines, évoluait dans un espace étroit ou il avait à peine la place de se retourner. Pendant l'accouchement, lorsque celui-ci est naturel, il a ressenti son corps pour la toute première fois: sa tête, ses bras, son ventre, par le peau à peau avec sa maman ou son papa, il le découvre plus en détail encore. 

Échange de chaleur, de sensations, d’émotions… Le peau à peau est un moment unique et intense de la naissance mais pas seulement. Car rien n’empêchent les parents de revivre cette rencontre avec leur bébé dès lors qu’ils le désirent, ou simplement, en ressentent le besoin, que ce soit les jours qui suivent à la maternité ou plus tard, à la maison. 

Conclusion

Pour terminer, le peau à peau est une méthode probablement utilisée depuis que le monde est monde et qui a facilité l’attachement des mères avec leurs petits depuis ce temps. Le peau à peau est la méthode naturelle par excellence pour favoriser une régularisation des signes vitaux du bébé à la naissance, favoriser l’allaitement, l’attachement parental et aider le bébé à découvrir le nouveau monde dans lequel il vient de naître. Je l’ai moi même utilisé lorsque mon fils avait des coliques ou encore lorsqu’il faisait de la fièvre et je peux vous confirmer que ça fonctionne. De plus, c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour calmer mon petit et l’endormir tout contre moi avec l’aide d’un porte-bébé. Il n’y a, selon moi,  aucune raison de ne pas l’essayer.

Merci à Élaine d’avoir accepré de partager sa recherche. Si vous désirez lire le travail en entier, vous pouvez lui demander à l’adresse suivante : elaine_labrecque@hotmail.com
La bibliographie et les références sont disponibles dans la recherche  complète. 

Jun 5, 2012

Inductions, pistes et réflexion


Voici une version abrégée du travail de recherche de Julie Charbonneau dans le cadre de la formation d’accompagnante à la naissance du centre Pleine Lune. Elle éclaircit le cas de l’induction du travail et s’interroge sur la sur-utilisation  et les risques de cette intervention, qu’elle a elle-même vécue à deux reprises.

Introduction :
L’induction, communément appelée  déclenchement artificiel du travail est une pratique de plus en plus  courante en obstétrique. C’est aussi une façon pour le moins radicale de couper court à une grossesse. Oui elle peut sauver la vie du bébé lorsque la grossesse ne se passe pas comme prévu mais, dans les autres cas est-elle toujours appropriée? Pourquoi aujourd’hui, y a-t-il autant de déclenchements? Voici quelques explications sur l’induction pour ainsi mieux comprendre cette intervention…

Qu’est-ce qu’une induction :
C’est le fait de déclencher de façon artificielle le début du travail menant à l’accouchement. Ce peut être fait de façon mécanique ou hormonale.

Comment induire le travail
L’accouchement pour être provoqué de multiples façons 

Mécaniquement :
·      Sonde Foley ou ballonnet, pour faire dilater le col. Le ballonnet est alors gonflé à l’aide d’un seringue remplie d’eau, jusqu’à former une petite sphère de 3 cm de diamètres. La sonde peut être gonflée ou retirée à tout moment si elle cause un problème, ce qui n’est pas le cas avec un médicament un fois administré
·      Décollement des membranes (stripping) souvent proposé injustement à partir de la 38 semaine de grossesse
·      Rupture artificielle des membranes (on perce la poche des eaux)

Hormonalement :
·      Gel de prostaglandines (le cervidil) : tampon contenant de l’hormone synthétique pouvant être inséré dans le vagin, derrière le col. Le tampon diffuse graduellement la prostaglandine durant une douzaine d’heures.
·      Prepidil : solution hydrosoluble (gel) contenant de la prostaglandine de synthèse. Le gel est appliqué à l’intérieur ou à l’extérieur du col à l’aide d’une seringue. Peut-être réappliqué après 6 heures
·      Cytotec : Le misoprostol n’a pas été approuvé pour le déclenchement du travail par la Direction des produits thérapeutiques de santé canada et par la FDA américaine. Toutefois, il faut savoir qu’elle est tout de même utilisée à cette fin dans certaines régions des États-Unis et du monde
·      Injection d’ocytocine artificielle (syntocinon, Pitocin)

Les raisons médicales d’une induction
·      Dépassement du terme
·      Quand le bébé marque un arrêt de croissance dans l’utérus tout en étant assez prêt du terme qu’il soit plus sécuritaire de l’en sortir un peu plus tôt
·      Lorsqu’il y a condition médicale ex : diabète gestationnel non contrôlé, risque de prééclampsie, haute pression non contrôlée, etc.
·      Grossesse gémellaire
·      Rupture des membranes sans contractions
·      Bébé de poids important
·      Convenance de la mère et du personnel médical
Les raisons médicales ci haut mentionnées sont parfois discutables quant à leur pertinence. A partir de la 40e semaine de grossesse, le médecin vous fixe une date pour induire le travail. (Il est bon de noter qu’une grossesse dite normale dure en moyenne de 37 à 42 semaines). Cette intervention majeure est certainement justifiée quand des raisons sérieuses exigent de terminer la grossesse. D’ailleurs, l’OMS dit ceci : «L’accouchement de devrait pas être provoqué par commodité et il ne faudrait procéder au déclenchement artificiel du travail qu’en présence d’indications médicales précises. Aucune région géographique ne devrait enregistrer des taux de déclenchement artificiel du travail supérieurs à 10 %».

Qu’en est-il des risques
Le seul avantage de l’induction est quand la santé de la mère et du bébé est en danger. Sinon ce n’est pas rare de voir suivre une cascade d’intervention
·      Multiplie par 2 le risque de césarienne pour une primipare (premier bébé)
·      Multiplie par 5 le risque de césarienne chez les femmes ayant déjà accouché par voie vaginale et dont le col n’est pas prêt
·      La prostaglandine et l’ocytocine synthétique peuvent provoquer une hyperstimulation utérine pouvant causer une souffrance fœtale
·      L’usage de l’ocytocine artificielle augmente le risque d’hémorragie post-partum et de jaunisse néonatale
·      Risques liés à la rupture artificielle de la poche des eaux
·      Besoin accru d’autres interventions comportant elles-mêmes des risques : monitoring en continu, confinement au lit, péridurale car le travail est généralement plus douloureux (l’ocytocine artificielle amène des contractions plus fortes que la normale, la rupture des membranes peut rendre les contractions plus douloureuse également)
·      Augmente de façon générale l’utilisation des instruments (forceps/ventouse)
·      Risque accru de rupture utérine chez les femmes ayant déjà subi une césarienne, le déclenchement médicamenteux est d’ailleurs considère comme contre indiqué dans ce cas
·      Pourrait affecter physiquement et émotivement le bébé dans les premiers jours, mois et années de sa vie, puisqu’il a été ‘’bousculé’’ a sortir plus rapidement de ce qui était prévu dans ses gènes
·      Etc.

Alternatives
Lorsque la nature ne se décide pas par elle –même et que nous voulons éviter une induction médicale, il existe des alternatives tout à fait naturelles. En voici quelques unes :
·      Ostéopathie
·      Plantes médicinales
·      Relation sexuelle (le sperme contient de la prostaglandine qui stimule les contractions)
·      Stimulation des mamelons (à partir de la 41 semaines)
·      Acupuncture
·      Suspensions pour aider bébé à s’appuyer sur le col
·      Patience, confiance et le laisser-aller

«Il faut essayer de rendre confiance aux parents, et leur expliquer que la grossesse et la naissance sont des évènement naturels qui méritent sans doute d’être surveillés en raison de nos exigences de sécurité, mais qui ne nécessitent pas cet intense déploiement de techniques, plus source d’inquiétudes que de vrai bénéfices.»Docteur Maria Gynecologue-Obtetricien

Réflexions
J’aimerais maintenant vous partager mon cheminement par rapport à l’induction et la réflexion que je porte maintenant sur ce sujet :

Juin 2007 13h00 j’ai rendez-vous à l’hôpital pour être provoquée. Un premier bébé pour moi alors comme bien des mamans je ne sais pas du tout a quoi m’attendre. On m’installe sous monitoring et le médecin vient me rencontrer pour m’expliquer la procédure, j’en suis à 41 semaines et 1 jour. Je n’ai pas reçu de pitocin, on m’a fait un stripping et inséré du gel près du col. A 17hrs le médecin à perçé la poche des eaux et là, les vraies contractions ont commencé. Mon fils est né à 21h37 après 2hrs de poussée, un beau bébé de 8lb et 10oz. J’ai perdu un peu plus de sang que la normale et une déchirure au 4e degré. Je me retrouve donc en salle d’opération pour une réparation du périnée. A partir de cet instant, j’ai détesté mon accouchement être séparé de mon bébé pendant quelques heures a été pour moi une véritable torture. Je me suis promis à ce moment-là que plus jamais je ne vivrais ça.

Quelques années ont passé et je deviens enceinte de mon deuxième garçon. Pour avoir les meilleures chances de mon côté je décide de faire appel à une accompagnante à la naissance. Je veux un accouchement 100% naturel et je ne veux surtout pas être provoquée et revivre un autre accouchement semblable au premier. Je vis cette deuxième grossesse  difficilement. Je suis épuisée, je contracte tout le long de la grossesse, des petites pertes de sang et une humeur massacrante. Je n’ai qu’une envie c’est d’accoucher. Lorsque  je me suis présentée au bureau du médecin pour ma visite de routine, il a été très facile pour moi d’accepter le stripping à 39 semaines et 5 jours. Mon accompagnante me suggérait plutôt de me recentrer de connecter avec mon bébé. Le stripping m’a permis d’entrer en contraction, de faibles contractions mais quand même, j’avais l’effet voulu. Le médecin m’a rendu visite vers 9h45 pour me proposer de rompre les membranes et de faire un autre stripping, plutôt que d’attendre, j’ai dit oui tout de suite. Mon col était favorable, facilement étirable et la tête du bébé était bien fixée. Une fois les membranes rompues, je suis rentré dans une vague d’intenses contractions. Mon fils est né de façon naturelle à 11h53. J’étais très heureuse, j’avais réussi. Quelques heures plus tard, on se rend compte que je perds beaucoup de sang et que l’utérus ne contracte pas bien. Je fais une hémorragie post-partum. J’ai perdu beaucoup de sang. On a massé mon utérus à maintes reprises, j’ai reçu des injections pour stopper l’hémorragie rien à faire. A 17hrs on me transfère en salle d’opération pour une révision utérine. Mon hémoglobine se situait à 49 alors que  celui d’une femme en bonne santé, se situe aux alentours de 120. Encore une fois, je suis privée des premiers instants avec mon fils. Le lendemain j’ai dû recevoir 2 transfusions sanguines. Je suis faible et il m’est incapable de me lever.



Karine Murphy, accompagnante à la naissance  résume très bien l’état de plusieurs femmes en fin de grossesse elle dit : « […]Même si la mère est fatigué, alourdie et tannée de sa grossesse dans les dernières semaines, il serait salutaire qu’elle prenne un temps d’arrêt pour réfléchir aux besoins de son bébé. Souvent, un bébé qui reste bien au chaud a 39, 40 et 41sa, c’est qu’il en a encore besoin! La façon d’aborder la fin de grossesse peut avoir un grand impact sur son déroulement. D’une part, une femme  qui est exaspéré du poids de ses dernières semaines à être enceinte, risque de trouver le temps bien plus long et de vivre ces derniers milles plus négativement. D’un autre côté, Il faut voir si le bébé est prêt à sortir mais que la future mère, elle, consciemment ou non, n’est pas prête a le laisser-aller, qu’elle est prise de craintes ou d’appréhension qui ont un impact sur le processus normal. Bref, lorsqu’on parle de déclenchement, l’aspect physique est à considérer mais l’aspect psychologique n’est pas à négliger non plus! La décision d’y aller avec l’induction devrait être prise cas par cas, après l’évaluation des avantages et des inconvénients dans la situation donnée, selon l’état du bébé et de la mère… »
Pourquoi cherchons nous à tout contrôler même au niveau de la naissance est-ce une façon de dire à l’enfant qu’il n’aura jamais son mot à dire?
«Le temps de notre mise au monde n’est pas un instant qui se passe et dont on ne parle plus. Il tombe dans les ``oubliettes de notre inconscient``, mais il demeure présent et nous façonne peut être plus que nous aimerions le croire.» Corinne Marie, Psychologue clinicienne

L’arbre et le fruit
J’ai lu récemment un chapitre du livre Césariennes : questions, effets, enjeux de Michel Odent  (obstétricien). Il nous dit : « tous les fruits d’un même arbre ne sont pas mur en même temps. Un fruit cueilli avant d'être mur ne sera jamais bon et se détériorera rapidement. Il en est de meme pour un enfant. En d’autre termes, il était bien établi que certains bébés ont besoin de plus de temps que d’autres pour être murs, prêt à naitre.» Michel Odent mentionne aussi les risques de post-maturité, oui les risques sont bien réels, mais ils sont habituellement surestimés. Il faut les confronter aux risques lié au déclenchement. Est-il sage de déclencher un quart des accouchements, afin de sauver un bébé sur mille? Ne peut-on pas envisager des stratégies plus sélectives? La réponse est OUI.

Conclusion
J’ai beaucoup cheminé entre ces deux expériences. Je n’étais pas consciente au moment de mes accouchements du danger à vouloir tout contrôler et ce que je sais maintenant c’est que si un jour la vie m’amène un troisième amour mes décisions seront complètement différentes. Cette fois ci, je me permettrai d’attendre, attendre que mon bébé sois prêt à faire sa rentrée dans le monde, je ne déciderai pas à sa place, je lui laisserai du temps, pour lui et pour moi. Dans un moment de grande émotion, j’ai demandé pardon à mes enfants, pardon de les avoir bousculés. Je comprends aujourd’hui beaucoup plus le processus physiologique, l’impact de la naissance sur le bébé et la maman et surtout l’impact des interventions.  Je crois être en mesure de bien transmettre ses informations aux futures mamans pour ainsi les amener à faire des choix plus éclairés.


Un gros merci à Julie Charbonneau de partager ainsi sa recherche. Si vous êtes intéressé à lire la version intégrale de la recherche, vous pouvez la contacter directement pour lui demander.
La bibliographie et les références de ce travail de recherche sont disponibles dans sa version intégrale.

À la prochaine!